top of page

La Grande traversée du Zanskar (1) : de Lamayuru à Padum

Afin de conclure notre voyage, nous étions en quête d'une dernière grande Aventure, physique, humaine et inoubliable : une sorte d'apothéose en quelque sorte!


Comme vous l'aviez remarqué, nous aimons marcher, mais ici nous aspirons au challenge le plus ambitieux de notre Voyage : la grande traversée du Zanskar, un trek de 20 jours en haute montagne, seuls, sans guide, sans porteurs.


La région du Ladakh, de confession majoritairement bouddhiste, située entre le Cachemire et le Tibet, titillait notre imaginaire.

A quelques centaines de kilomètres à vol d'oiseau de Karakoram et de la vallée de Wakhan, on boucle notre boucle dans cette région du monde que nous affectionnons tant !

Le Zanskar, vous situez?



La grande traversée du Zanskar, c'est :


- 300 kilomètres de randonnée pure en haute montagne en moyenne au dessus de 3500m d'altitude.

- 10 cols, dont 9 au dessus de 4000m.

- Des villages et des monastères reculés, toujours hors du temps.

- L'hiver des habitants isolés du reste du monde à cause de la neige coupant toutes les routes.

- La traversée du Grand Himalaya.

- Des paysages à couper le souffle.

- Un défi personnel autant physique que psychologique.







Une première partie physique et éblouissante


Nous n'allons pas vous détailler le trek étape par étape, mais simplement vous partager nos émotions les plus marquantes.



Pour un récit jour par jour, vous pouvez vous reporter à notre récit sur Polarsteps (à partir du jour 370).



Profil de la première partie du trek (9 cols en 10 jours)




Des paysages splendides


Imaginez de la haute montagne minérale et granitique, des sommets aux neiges éternelles, des drapeaux tibétains flottant au vent à chaque col, des vallées façonnées par la tumultueuse rivière Zanskar, des yaks pâturant paisiblement... des villages isolés apparaissant comme des oasis perdues au cœur de ce paysage si aride.


Quelle impression d'être tout petits au pied de ces mastodontes ! Quel sentiment de se sentir seuls au monde durant les étapes ! (nous étions hors saison).




Quelques photos pour le plaisir des yeux :




Mis à part 3 jours de pluie (durant lesquels nous avons évolué dans le brouillard complet), nous avons joui d'un grand ciel bleu contrastant à merveille avec les montagnes colorées.



Un accueil chez l'habitant toujours au rendez vous


Au delà de la découverte des paysages, la randonnée était surtout prétexte à rencontrer les Zanskarpas dans chaque village traversé.


En logeant chez l'habitant, nous avons pu appréhender leurs conditions de vie au confort simple : vivre dans la pièce à tout faire, s'éclairer avec l'électricité fournie par un panneau solaire, se chauffer au poêle à bois (et à la bouse de yak en combustible), dormir sur un tapis, aller aux toilettes sèches extérieures ou prendre sa douche au seau ou au ruisseau.

On a du mal à s'imaginer ces même conditions de vie durant l'hiver extrêmement froid et rude.


Nous avons finalement plutôt bien mangé, malgré l'altitude : chapatis frais chaque matin, riz accompagnés de légumes (le plus souvent épinards ou lentilles), goûté le thé salé au beurre de yak.



Intérieur zanskarpa, cosy isn't it?


Une aventure loin d'être simple



Durant ce trek, nous aurons vécu un véritable ascenseur émotionnel.


Étonnement, nos jambes n'ont jamais fatigué, n'ont jamais eu de courbatures durant toute cette aventure ; veillant à bien nous hydrater (de l'eau de source des montagnes purifiée) et à bien nous étirer quotidiennement.


Ayant pris le temps de s'acclimater à Leh, nous n'avons jamais souffert du mal de l'altitude.


Nous avons marché à notre rythme, pris le temps de contempler et de se poser. La randonnée est un plaisir avant tout !




Cependant, deux passages ont été particulièrement durs mentalement :


L'étape du col de Sengge La, premier col au dessus de 5000m, restera gravée dans nos mémoires.

Après une nuit en tente au camp de base à 4500m, sous la pluie, il neige au petit matin. Laurence a fait le choix de partir sans cape de pluie, pour économiser du poids, dans cette région annoncée comme très aride. Littéralement trempée et gelée, elle frisera l'hypothermie durant les 17 km, que nous effectuerons en 6 heures de marche, sans faire de pause. Cela sans évoquer la descente vers Gongma, 1 heure de descente sur une pente raide, étroite et vertigineuse à flanc de ravin et de surcroît boueuse et glissante à cause de la pluie. Un supplice pour Laurence!

Heureusement un poêle (chauffé à la bouse de yak) nous attend chez l'habitant !



Un autre moment difficile fût la descente vers le camp de Snertse.

Imaginez une montée de 2h30 au réveil jusqu'à un col à 4700m, vous pensez que le plus dur de la journée est derrière vous et bien non! Surprise : une vingtaine de névés plus glissants les uns que les autres et une dizaine de gués glacés que nous devrons franchir pieds nus. Nous réaliserons finalement l'étape (18,5 km) en 9h au lieu des 6h annoncées. Un calvaire ! Nous arriverons à la tombée de la nuit.




Doucement mais sûrement !


Si, si, on est passé par là.




Le Monastère de Linshed, un temps fort de ce trek


Après 2 jours de marche sous une pluie battante, nous sommes accueillis à bras ouverts par les 40 moines du monastère de Linshed, ne recevant que très peu de visiteurs étrangers du fait de leur isolement (3 jours de marche du premier village accessible en voiture, lui même reculé).


Nous resterons 2 jours au sein de leur communauté, logés dans une chambre de pèlerins, choisissant de s'arrêter pour profiter du moment et de la rencontre.

Et luxe ultime : nous pourrons même prendre une douche tiède, en chauffant l'eau à l'aide du four solaire.


Le monastère de Linshed, à flanc de montagne, domine le village.


Toujours sous l’œil de sa sainteté le Dalaï-Lama


Pendant leurs pujas (récitations de mantras), ils nous inviteront à les observer et même à les photographier en action.









Deux moines nous inviteront à boire le thé dans leurs habitations minimalistes et rudimentaires.

Sawang nous récitera des mantras pour "bénir" notre route et que notre trek se passe sans encombres. Nous échangerons aussi avec Lama Padma sur le monde, sur son choix personnel de vie simple (non matérialiste). Certainement l'un des meilleurs moments de notre Voyage !



Sawang et Lama Padma





Le lendemain, nous partagerons avec les villageoises attroupées à l'intérieur du monastère l'inévitable thé salé au beurre de yak et la fameuse tsampa (farine d'orge, aliment de base au Tibet, comme le riz) dont raffolent tant les tibétains et les zanskarpas.


La tsampa chaude (ou "papa")




En fait, un donateur indien vient d'offrir une sono au monastère et tous sont réunis pour organiser une fête en son honneur.

Etant les seuls "blancs" du village, on nous installe sur l'estrade à côté de lui, en plein soleil, pour assister aux festivités : chants et danses en tenues traditionnelles. Pour l'occasion, certaines femmes portent la fameuse coiffe Peyrac, typique du Zanskar, en turquoises et corail.



Femmes zanskarpas portant la Peyrac


Zoom sur la Peyrac

Notre expérience à Linshed était déjà exceptionnelle, mais cette célébration sera le clou du spectacle.


Nous ferons une pause de 2 jours à Padum, à mi chemin, avant d'attaquer la partie finale de cette Grande Traversée.

Des villageois nous disent qu'un haut lama fait actuellement le tour des monastères du Zanskar, le hasard nous mettra à suivre ses pas.




bottom of page