De Douchanbe à Khorog – premier contact avec le Pamir.
- 9 sept. 2016
- 4 min de lecture
Arrivés à Douchanbé, on jette notre dévolu sur un restaurant ukrainien où nous mangerons enfin avec plaisir!
Notre Guesthouse (Green Hostel), rendez-vous des voyageurs, organise le transport pour aller à Khorog, pour 280 Somoni, moins cher que les tarifs de la rue. Sans négociation ardue, ni attente au bazar. Pourquoi s'en priver ?
Notre voiture sera un Landcruiser pour 7 passagers. Nous le partagerons avec deux israéliens, un Coréen, un japonais, ainsi qu’ un tadjik, ami du chauffeur.
Nous avions reçu le conseil de nous installer côté droit de la voiture pour admirer au mieux le paysage, bien nous en a prit!
Depuis Douchanbé, deux itinéraires sont possibles pour rejoindre Khorog :
La route du nord, la Pamir Highway M41, longue d’environ 520km, est réputée plus accidentée et fermée en hiver. Moins fréquentée, c’est la préférée des cyclistes.
Tandis que la route du sud, longue d’environ 600km, est la plus empruntée car mieux asphaltée.

Notre chauffeur nous promet un trajet de moins de 12h par la route sud.
Sur la route, nous rencontrons de nombreux postes de police. La corruption est monnaie courante. Notre chauffeur tiendra tête effrontément, refusant de payer. Toutefois il cédera quelques somonis. Un barrage nous annonce même que la route du col que nous envisageons est fermée. Notre chauffeur, effectuant ce trajet 2 à 3 fois par semaine, ne se démonte pas et accélère pour passer en force. Ça passe!
Notre voiture avale les kilomètres, longeant des plaines verdoyantes, le lac Nourek. Excités par le trajet, on ouvre grand les yeux pour ne pas en perdre une miette !
Au col de Shurabad, premier contrôle de l'armée tadjike qui nous demandera nos papiers et notre permis GBAO (nécessaire à la traversée du Pamir). Nos camarades asiatiques très high-tech ne l'ont pas imprimé, ils vont le payer cher (100 somonis chacun). Et oui l'armée tadjike n'est pas adepte du numérique !
La route alterne entre piste caillouteuse et une route impeccablement asphaltée, toute neuve de 2 mois, d’après notre chauffeur.
Itinéraire stratégique pour les chinois, ils sont nombreux à travailler à l’amélioration de cette route. Bulldozers, camions, ouvriers tadjikes et chinois travaillent avec acharnement dans des conditions pénibles, dans la chaleur et la poussière.
Dans la redescente, on aperçoit la vallée du fleuve Pyanj. En face de nous: l'Afghanistan. Nous allons suivre cette vallée jusqu'au bout.




la route sera des fois asphaltée


De l'autre côté, l'Afghanistan
Nous sommes complétement subjugués par la rive afghane. C’est un tel spectacle que les superlatifs nous manquent pour le décrire !
C’est un pur moment de découverte, d’émerveillement. C’est notre premier contact avec le Pamir !
On met enfin des images sur notre Afghanistan imaginaire, que l’on s’est construit à travers quelques lectures (comme les lions du Panshir), de récits de voyageurs enthousiastes ou de documentaires effrayants.
On voit des villages entiers de petites maisons cubiques en terre cuite, isolés… des enfants courir, nous saluer de grands gestes, jouer, plonger dans la rivière Pyanj…

Un des nombreux villages afghans du trajet

Un afghan regarde la rivière Pyanj
On aperçoit des femmes en burqa noire marcher en groupe, d'autres plus jeunes juste voilées… des motos qui montent doucement de petits chemins escarpés à travers la montagne … des hommes tirant une mule chargée, des bergers portant le kapol et le gilet de laine afghan, courant après leurs troupeaux de chèvres, le bâton en l’air...
On a l’impression de tranquillité, d’un voyage dans le temps…
On se sent si proches que l’on pourrait presque parler (crier) avec nos voisins d’en face ! Seule la rivière Pyanj nous sépare. Tumultueuse mais si étroite par endroits qu’elle semble facile à traverser.
Après 6h de route, on s’arrête déjeuner au bord de la rivière à Kalaikum.
On repart sur une route étroite et caillouteuse, avec le fleuve toujours à notre droite.
Toujours éblouis par le spectacle de la route ! Difficile de prendre des photos à travers la fenêtre du 4X4. On a envie de souvenir de chaque minute, de chaque visage, de chaque montagne !


Un village perché




la route frontalière afghane, à flanc de montagne

On traversera de nombreux petits villages à flanc de colline. On croisera aussi de nombreux camions chinois, souvent avec 2 remorques, là où deux voitures ont du mal à se croiser. Surréaliste. Imaginez les routes de l’impossible…
D'ailleurs l'un d'entre-deux nous bloquera la route pendant plus d'une heure sous les yeux de nombreux tadjiks et des Afghans du village d'en face.

Quand la remorque arrière dérape...

scène incroyable, sous les yeux d'un japonais ébahi
La situation semble sans issue.
A chaque manœuvre, le camion risque d’être emporté dans le ravin. De manœuvre en manœuvre, il réussit courageusement à libérer un passage in extremis pour une voiture.

Nous arrivons à Rouchan vers 20h30, exténués après 12h de trajet. On profitera des paysages sous une lumière rasante, notre arrêt forcé nous obligeant à finir la route de nuit.


Nos co-voyageurs continuent, eux, jusqu’à Khorog, encore une bonne heure de route.
Cette route restera une des plus belles, des plus mémorables de notre voyage au Tadjikistan.
Demain on ira dans la vallée de Bartang.
À suivre.

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